FEUILLETON DE L'HIVER

Nous avons écrit une magnifique histoire (fictive) en "pages feuilletée" en bas à droite, et ce serait dommage de louper une telle épopée, croyez-le bien.
A VOS MARQUES, PRETS, LISEZ, RIEZ. Si, riez.

Qu'est-ce qu'on est venus faire dans cette galère?

Vendredi 15 août 2008
Ahoj (salut)!
plus que cinq jours avant le grand départ! Etant donné que dans mon grand courage j'ai déjà appris les nombres en tchèque (et que c'est la seule chose que je sais dire avec bonjour et merci), je peux maintenant compter sur mes ptits doigts comme si j'étais déjà pragoise.
Killian et moi en effet on s'envole, ou plutôt on s'tape 25h de car mercredi 20 août pour rejoindre notre destination et l'excitation mêlée de nostalgie et d'un peu de trouille commence à se faire clairement ressentir.
Comme vous l'avez compris, ce blog sera le fruit d'une étroite collaboration entre le talent graphique de ma chèèère amie et mes propres vélléités littéraires.
Sinon, si vous, amis de Flore, vous êtes inquiets pour sa survie en Tchèquie, comptez sur Super Emilie qui partagera toutes ses galères et qui déjà va l'héberger pour sa première nuit dans la capitale puisque la pauvre est sans-abri pour l'instant.
Voila, finalement y'a pas grand-chose à raconter pour l'instant...
Dekuji (merci) pour votre attention

Emilie

ps: je ne peux pas rendre compte sur le traitement de texte du sublime charme de la langue tchèque, puisqu'il manque ce fameux "chapeau chinois à l'envers" (ainsi nommé par Killian) qui complique radicalement la prononciation et fait que le chiffre quatre se prononce "tchtyrji" (ctyri) et le nombre quatorze "tchtrnaatst".


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Vendredi 22 août 2008
Première galère pragoise: le métro avec 100 kg (oui oui) de valises: finalement on a pris le taxi (qui soit-dit en passant n'est pas très cher, ceci explique cela)
Deuxième galère: trouver un hôtel pour le lendemain et le surlendemain (vendredi et samedi en plus) , en pleine saison de tourisme, sans portable tchèque (donc en dépensant des mille et des cents au téléphone), sans internet, à pied (donc en parcourant des kilomètres pour rien), avec des offices de tourisme qui ne proposent que des suites à 100 euros la nuit, bref... qu'est-ce qu'on fait? on appelle son Papa (toujours avec surtaxe), qui a un plan de pension dans Prague 5, celle précisément où la famille VOLZ a logé 3 ans auparavant, mais dont les ptits aventuriers du pavé pragois n'ont pas l'adresse... et finalement c'est bon, nous avons un toit vendredi soir ! ah on se sent fort dans ces moments-là: nous avons triomphé de la galère  n°2!
ps: nous avons un appart de prévu, il est vrai, mais nos collocs partent en vacances et le proprio ne veut pas encore nous donner les clés, donc nous étions à la rue
ps n°2: les collocs ci-dessus cités sont adorables et nous avons eu des Schnitzel faits maison à dîner! (escalopes panées autrichiennes)

Emilie et Cie

Troisième galère prévue: arrivée de Flore demain à l'aéroport...
ps n°3: c'est parce qu'on sait pas où il est, l'aéroport!

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Lundi 25 août 2008
Pour rejoindre Usti nad Labem, où nousattendent nos cours de tchèque, nous avons vécu notre première expérience de train tchèque. Comme il est désormais communément admis que n'importe qu'elle première expérience tchèque est synonyme de grosse galère dont on rigole bien après mais qui nous pose beaucoup de problèmes sur le moment, vous pouvez vous attendre au pire.
Ajoutons à cela que comme la première ligne l'indique, nous n'avons PAS ENCORE reçu nos cours de tchèque, ce qui complique singulièrement la chose.






Première étape
: Demander un billet à travers une vitre sans amplifcateur: dur dur mais tels les fiers guerriers que nous sommes, nous avons triomphé de cette épreuve. Et puis la personne derrière la vitre était de bonne volonté.

Deuxième étape (et pas des moindres) : trouver la consigne, qui bien sûr n'est pas indiquée. Flore finit par aller se renseigner à l'Informace où elle est noyée sous un flot de récriminations de la part d'une "conseillère" excédée qu'elle ne comprenne pas le tchèque (mais enfin, c'est sûr, quelle gourde cette Flore). Je vais quand même rajouter que ces iq"wvt(fO  de l'information sont censées rencontrer des étrangers à longueur de journée et que ce n'est pas en leur criant dessus en tchèque qu'ils vont mieux comprendre. Bon, nos bagages sont au moins en lieu sûr.

Troisième étape: Prendre le bon train, sur le bon quai, et trouver une place pour nos multiples valises dans le compartiment datant de la guerre 14 (ou presque) , enfin jusque là c'est du tout cuit. Mince, le contrôleur a pas l'air content. D'après son (très long) speech tchèque, y'a du caca mou dans la goulash (c'est pas grave, ça en fait plus, ==>pour ces derniers mots, je voudrais préciser que je me décharge de toute responsabilité, je suis sous la pression de Killian et Flore qui m'obligent à écrire ces insanités. J'ai trouvé goulash, et ils ont ajouté caca mou).

Pour en revenir à nos mous thons, paraîtrait qu'y'a un ptit blème avec notre billet. Lequel, mystère...  Grâce à notre gentil voisin de compartiment qui baragouine un peu d'anglais, on comprend que notre billet n'est valable qu'à partir d'une autre gare de Prague et qu'on doit payer un supplément. Encore un. Le supplément pullule à Prague. POurtant, on nous avait dit au guichet que c'était "ok". Tant pis, on paye et on sourit poliment.

Quatrième étape :
Arriver sans heurts à Usti, même si le voyage était plutôt cahotant et chaotique.


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Vendredi 26 septembre 2008
Aujourd'hui est un grand jour, ou un petit selon les points de vue, celui où je me suis coupé les cheveux. J'entends déjà Aanor et Marianne s'indigner, et ma maman s'affoler, elle qui m'a dit hier : "Ne les coupe pas trop courts, stp!"
POurquoi ai-je décidé de me couper les cheveux, me direz-vous? et bien pour plusieurs raisons:
- à nouvelle vie, nouvelle coiffure, c'est évident
- l'hiver tchèque arrive et j'ai la flemme d'avance de les sécher après chaque shampoing pendant 1h
- j'avais déjà hésité à les couper et j'en avais assez de cette incertitude
- et puis voila, j'ai décidé et c'est comme ça.

J'avais donc pris rendez-vous dans un salon, tchèque bien sûr, pour aujourd'hui, midi. je me pointe, m'assois sur les fauteuils d'attente et me dis: Peut-être ferais-je bien de feuilleter quelques catalogues de coiffures, étant donné que je ne sais dire que cheveux longs (dlouhé vlasy) ou cheveux courts (kratké vlasy) et que je ne sais même pas exactement comment je les veux, mes ch'veux. Bien, déjà, je tombe sur un catalogue français, "Coiffure de Paris", qui me semble un peu démodé mais bon. Je n'arrive toujours pas à me décider de toute façon.
Puis une grande fille sympa me demande de venir, je lui dis que je ne parle pas tchèque, et le problème, c'est qu'elle parle très peu anglais... ouh la, ça commence mal.
A grands renforts de gestes et de tchic tchic tchic, je réussis à lui faire comprendre que je les veux courts, mais pas trop, et puis avec la frange un peu différente mais bon, que jsais pas trop donc faut qu'elle décide.

C'est parti mon kiki ou plutôt mon clic clic puisqu'elle coupe coupe coupe très très vite. mes cheveux étaient tellement longs, qu'elle les attache avec un élastique de cuisine avant de couper toute la masse d'un coup. J'ai peur. Je la vois s'affairer autour de mon crâne et je vois le temps s'arrêter: je me dis: qu'est-ce que je vais devenir? Tout le monde a au moins une fois dans sa vie connu cette angoisse du coiffeur mais en même temps cet immobilisme qui empêche de l'arrêter avec un gros "STOP!!!! stop cutting my hair! snif..."
Donc, vous l'avez compris, je laisse faire, inerte. Et puis y'a aussi cette sensation bizarre qu'au fur et à mesure que le temps passe et que je me regarde dans la glace, mon visage me semble de plus en plus moche et de moins en moins moi. On commence à se dire: mais ils sont pas comme ça mes yeux, et mes sourcils, pourquoi ils sont bizarres, là?
Puis vient le méga brushing de ouf que je ne saurai jamais me refaire et que toute façon j'ai pas envie de faire parce qu'il prend plus de temps que la coupe en elle-même. Et que jte lisse, et que jt'aère, et que jte coupe encore un peu, et que jte fasse rebiquer les pointes comme si j'avais pris une décharge électrique..

Finalement ça s'arrête, je souffle un coup et je me dis: bon c'est pas si mal.
Je jette un dernier coup d'oeil sur mes pauvres cheveux à terre, je paye plus cher que je ne pensais, puisqu'évidemment j'ai payé le méga brushing, ce qu'ils ne m'avaient pas dit avant, et je m'empresse de sortir pour aller voir mon reflet dans une vitrine.
Car chacun sait d'expérience que quand on sort de chez le coiffeur, on se regarde dans toutes les vitres qui ont un semblant de capacité de réflexion pour voir si c'est pas trop raté.

Et puis bon, en fait, j'aime bien!


tinquiète pas, Maman, d'ici Noël, ils auront un peu repoussé...

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Samedi 11 octobre 2008
Décidément, il ne nous lâchera jamais, même au fin fond de l'Europe centrale...


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Et le temps passe...

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